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Du cousu main pour un concert unique à la Collégiale
Marina Chiche, violoniste, y était déjà venue une fois et Dana Ciocarlie, pianiste, deux fois. Les rassembler restait une gageure. C'est chose faite comme le souhaitait Philippe Gut, directeur artistique : "Je le leur avais promis. C'est Bollène qui en a l'exclusivité".
La pianiste confirme : "C'est du sur mesure pour un concert unique qui ne sera pas joué ailleurs".
Ça alors ! Et pourquoi cet hommage à Vienne au temps de Kreisler ? "Parce que je suis pro-Européenne et que Vienne est une ville de référence pour la musique" rétorque l'artiste, née à Bucarest, brillante concertiste de la lignée de son illustre compatriote Dinu Lipatti. "Quant à Marina, elle a étudié le violon à Vienne et joue forcément Kreisler".
Championne de la nage et du clavier
Ce tandem de haute voltige ratisse large, en quête de cette nostalgie qui caractérise l'esprit viennois, où baignent occasionnellement Schubert, Brahms ou Dvorak. Mention spéciale pour Schumann avec la transcription musclée pour piano d'un Capriccio de Paganini, véritable exploit sportif que Dana Ciocrlie (par ailleurs championne de natation) dompte avec une hardiesse époustouflante ! A l'autre extrémité de l'éventail, Marina Chiche, native de Marseille et lauréate des Victoires de la Musique, suspend son auditoire au bout de son archet, jusqu'à d'imperceptibles filets qui coupent la respiration. Ah, quel duo !
La Provence, 25 juillet 2009
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